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Conduire, à chaud

La coque

Trois zones fixes, et elles ne bougent jamais : une barre d'état en haut, un rail de navigation à gauche, un panneau de contexte à droite. Au milieu, la scène change.

La barre d'état porte ce qu'on doit voir sans le chercher : gravité, chrono depuis le déclenchement (H+04:12), intitulé, personnes en ligne, et l'échéance réglementaire la plus proche.

Deux panneaux survivent à la navigation : la visioconférence flottante et le curseur de rembobinage. Changer d'écran ne coupe pas l'appel.

Deux raccourcis : ⌘K pour chercher, ⌘J pour consigner. Consigner doit rester à un geste, y compris au clavier.

Ce qu'on y fait

La main courante. Consignation en un clic depuis n'importe quel contexte, avec le lien vers ce qui l'a déclenchée. Une entrée se rectifie sans s'effacer : l'originale demeure, avec le renvoi vers sa rectification.

Décisions et actions. Une décision sans action est une intention. Une action sans responsable ne sera pas tenue — le produit la refuse. Les actions se suivent en liste ou sur un tableau dont les colonnes sont les états ; déplacer une carte inscrit un événement au journal.

Salons de cellule. Un fil par cellule, avec pièces jointes qui entrent au dossier documentaire — une conversation garde le fil, la GED garde les pièces.

Visioconférence intégrée, avec enregistrement et rétention. Le témoin d'enregistrement est permanent : on annonce avant d'entrer, pas après.

Tableaux blancs, avec instantanés versés au dossier.

Documents : quota, analyse antivirale, empreintes SHA-256 et MD5, partages à durée limitée et révocables.

Mobilisation multicanal, avec relance automatique et bascule sur le suppléant. Une cellule n'a personne dont le travail soit de surveiller un tableau de réponses.

Continuité : « qu'est-ce qui tourne encore ? »

La question que le comité de direction pose toutes les deux heures.

Ce n'est pas de la supervision : personne ne sonde le SI, quelqu'un regarde et déclare. D'où l'auteur de chaque constat, et surtout son âge — « nominal, constaté il y a six heures » n'est pas « nominal ». Sans constat, l'état est inconnu, jamais nominal.

Échéances : « qui informer, et avant quand ? »

Chaque partie prenante porte son délai et le texte qui le fonde. Sans le fondement, personne ne saura dans six mois pourquoi ce compte à rebours existait.

Le point le plus mal compris

Un délai réglementaire court depuis la prise de connaissance des faits, pas depuis l'ouverture de la crise dans l'outil. Les deux diffèrent presque toujours — parfois de plusieurs jours.

Kastell part du déclenchement faute de mieux, le dit franchement, et permet de dater la découverte. Cet acte déplace toutes les échéances à la fois : il exige un motif et entre au journal.

Un délai dépassé s'affiche en négatif plutôt que de disparaître. Il vaut mieux notifier tard que pas du tout, et le dire dans la notification.

Veille externe

Ce qui se dit dehors : flux RSS et Atom — presse, alertes CERT, sites de fuite — Bluesky, Mastodon, ou tout fournisseur HTTP.

Le flux collecté n'entre pas au journal. Seul un signal que quelqu'un retient est inscrit, en main courante, avec sa source et son heure de publication d'origine.